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La climatologie de l’année 2016 a été exceptionnellement favorable à la vigne pour nous donner un millésime qui, je crois, restera dans les annales.

Après un hiver doux et faiblement pluvieux, un printemps frais et arrosé a déclenché un débourrement légèrement tardif – le débourrement marque la fin de la dormance hivernale où le bourgeon sort de son enveloppe protectrice.

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Les pluies de printemps ont permis le plein développement de la vigne malgré des réserves en eau pas complètement reconstituées durant l’hiver. Elles nous ont aussi procuré quelques frayeurs sur de jeunes vignes vigoureuses où la maîtrise du mildiou en culture biologique a été un vrai challenge.

Mais à partir de la mi-juin, l’arrivée d’un été de rêve, chaud et sec mais avec des nuits fraîches a permis d’enclencher précocement le cycle de maturation. L’absence de pluie couplée aux réserves en eau limitées du sol ont contraint la vigne dans son alimentation hydrique et les baies sont restées de petites tailles donnant des grappes lâches et des raisins concentrés et très colorés. Les grappes lâches garantissent non seulement un bon état sanitaire grâce à l’air qui peut circuler entre les baies (évitant ainsi les problèmes de pourriture) ; elles permettent aussi d’obtenir des jus à la couleur intense grâce à la lumière qui peut rayonner sur toutes les baies de manière homogène.

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De fin août au 14 septembre pour toutes les parcelles précoces (en général vieilles vignes peu chargées) et de nouveau à partir du 23 septembre pour les clos plus tardifs. L’orage du 14 septembre ayant apporté une belle quantité d’eau à des vignes assoiffées, il fallut attendre une dizaine de jour pour que la dilution que nous percevions dans les baies soit résorbée.

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Aujourd’hui, alors que les vins ne sont pas encore terminés, nous sommes impressionnés par la qualité des jus, riches et équilibrés à la fois et avec beaucoup de fruits.

La fermentation en levures indigènes sur les blancs haut de gamme a été, une fois de plus, très intéressante, donnant des aromatiques complexes, des bouches onctueuses et des longueurs de fruits impressionnantes.

Les rouges sont très concentrés avec des couleurs profondes, beaucoup de générosité et un grain de tanin très fin. Les extractions ont été allégées cette année pour tenir compte de la richesse exceptionnelle du raisin. Encore une fois l’utilisation de grappes entières (la fermentation se fait avec les baies et les rafles) nous donne plus de profondeur, de complexité et de fraîcheur, et se révèle être une approche qui me semble bien adaptée à nos terroirs.

Nous allons tenir les « infusions » sur les rouges encore quelques semaines car je crois qu’il faudra être patient, le raisin ayant encore beaucoup de bonnes choses à nous donner.  Affaire à suivre …