J’aime cette période  où le cerveau « phosphore », ou l’on projette ses futures plantations, ses futurs achats de matériels, où l’on imagine ses futures cuvées. Il faut savoir rêver un peu, mais attention à ne pas se prendre pour « Pérette et le pot au lait », car la dure réalité du monde économique peut faire mal…

Depuis notre conversion à l’agriculture biologique, la saison démarre plus tôt avec le décavaillonnage des vignes à partir de début mars. Le sol est retourné autour de chaque pied pour détruire les mauvaises herbes et couper les racines trop superficielles de la vigne. L’outil de choix est un intercep décavaillonneur. Il permet de labourer la terre entre les pieds de vigne grâce à un palpeur mécanique qui précède la lame afin de détecter les pieds de vigne (voir le video).

Nous redécouvrons les « plaisirs » oubliés des générations antérieures : Après le mistral (omniprésent ici en Costières de Nîmes), les sols trop secs ne permettent pas à la charrue de rentrer, après la pluie (ou cette année la neige!), le sol trop mou ne porte pas suffisamment le tracteur, pratiqué trop tard, le décavaillonnage favorise les risques de gel printanier, pratiqué trop rapidement ou avec un outil mal réglé et ce sont les ceps qui se voient arrachés…

Il faut donc réapprendre cet art oublié, se familiariser de nouveau avec chaque parcelle : celle qui sèche au bout, celle qui a la mouillère au milieu, celle où l’herbe pousse comme une folle.

Tout ceci nous rappelle le rôle de l’humain dans notre métier qui restera aussi beau tant qu’il y aura des consommateurs pour apprécier les vins d’artisans.  A vous tous merci !