MON PARCOURSDescendant d’une lignée de vignerons, mes études d’ingénieur agricole me destinaient naturellement à continuer l’œuvre familiale. Mais la soif de découvrir, l’envie d’indépendance et de liberté, et le besoin de challenges m’amenèrent à tenter l’aventure aux Etats-Unis. Enthousiasmé par le dynamisme positif des professionnels et y ayant trouvé l’âme sœur, j’y passais 10 ans. Cette expérience qui m’a beaucoup influencé, m’a appris à voir l’opportunité plutôt que le problème, le potentiel plutôt que la limite et m’a convaincu que dans son travail il faut une part de rêve. Mon retour au vignoble, je l’ai longuement imaginé avec mon épouse Cristina, non pas pour retomber dans le confort d’un cocon familial, mais pour tracer notre propre route et faire des vins uniques. |
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MON APPROCHELe monde du vin est rempli par tout un tas de clichés. Ces petits fragments d’information, martelés au point de devenir des « vérités absolues » sont un obstacle à la créativité et l’individualisme. Face à cet obscurantisme d’un autre temps, j’ai choisi de poursuivre mes convictions profondes, au risque de ne pas être politiquement correct.
Combien de fois a-t-on entendu...« un vrai terroir parle de lui-même » ?Pour faire un vin de terroir, il faut que le vigneron ait une intimité avec sa terre et sa vigne qui se bâtit après de longues années d’écoute et de compréhension. Il faudra aussi faire un choix difficile car tous les terroirs n’ont pas quelque-chose de grand et d’original à exprimer. Mais une fois les bonnes décisions prises, alors son vin aura l’empreinte unique et durable de sa terre et l’authenticité de ses racines.
« seuls les vins de terroirs sont intéressants » ?Un vin est d’abord une idée dans la tête du vigneron qui choisira pour le faire naître le vignoble et les techniques les plus adaptées. La poursuite d ‘un vin idéal, façonné par le vigneron, avec le plaisir comme seul objectif, reste pour moi une démarche noble à condition que ce dernier y mette son âme. Le vin sera alors à son image, il aura l’unicité de son créateur…
« le bio est la seule démarche responsable » ?Depuis quand est-il préférable d’utiliser des métaux lourds (comme le cuivre) ou cancérigènes (comme la nicotine)? Même si le mouvement « bio » a été fondamental pour que les agriculteurs se remettent en question par rapport à leurs responsabilités, ce n’est pas en pratiquant aveuglement les méthodes phytosanitaires de nos arrière-grands-parents que nous allons améliorer notre planète. Ma logique est de prévenir plutôt que guérir. Je cherche un équilibre permanent : prendre sans dévaliser, nourrir la terre sans la gaver, et lutter sans abolir la vie. Donnons à la terre toute sa richesse biologique et favorisons un rendement réduit. Dans mes vignes, cela commence par un sol qui vit, procurant une alimentation saine et équilibrée à la plante. J’utilise du fumier de cheval car il nourrit la plante lentement au gré de sa décomposition par des organismes vivants. La prairie naturelle qui pousse au sein du vignoble limite le développement de la vigne, et la rend plus forte, tout en procurant un habitat favorable aux prédateurs des insectes nuisibles. L’ébourgeonnage, l’effeuillage et les vendanges en vert contribuent à maîtriser la vigueur des vignes et à mettre les raisins au soleil pour favoriser une maturité saine. Les « remèdes » ne sont utilisés qu’en cas de besoin impérieux, en choisissant sans interdits, mais recherchant toujours le meilleur compromis entre l’efficacité et l’impact sur l’équilibre biologique. Cette lutte raisonnée n’est pour moi que du bon sens! J’applique d’ailleurs cette même logique à ma santé et à celle de ma famille. |